Debian, 14 Milliards d’euros, valeur libre

Un des points fondamentaux qui légitime le Dividende Universel (ou Revenu de Base) est la rémunération de l’effort des producteurs des valeurs libres et non-marchandes.

Un post de James Broomberger (développeur Debian) vient de donner une valorisation de Debian, une distribution GNU/Linux : 14 milliards d’euros à l’aide d’outils de valorisation connus du marché de l’informatique, qui consistent à compter le nombre de lignes de codes produites, ainsi que leur nature. Dans un autre post c’est le seul noyau Linux qui est valorisé à 2,4 milliards d’euros. Un post de Linux.fr nous propose un commentaire de ces informations.

Et là nous sommes en plein dans le paradigme de la Théorie Relative de la Monnaie et de la question que tout homme honnête devrait se poser quand, en venant de l’ignorance qui consiste en la croyance des seules valeurs privatrices, on prétend découvrir que les hommes produisent des efforts pour rendre disponible pour autrui des valeurs libres. Libres de contraintes de diffusion, libres de contraintes d’intermédiaires de diffusion, libres de s’adapter aux besoins de chaque individu, mais dont la production est contrainte par l’ignorance d’un système monétaire privateur qui a décidé arbitrairement, tout seul, de son propre côté, de ne financer que les seules valeurs privatrices au détriment de la production des valeurs libres.

Tout ceci pour de simples mauvaises raisons idéologiques qui consistent pour certains égos hypertrophiés de se croire propriétaire de la terre et des humains qui y naissent, y vivent, et y meurent, pour des raisons essentiellement historiques et reposant sur la coercition et l’imposition de contraintes arbitraires vis à vis du flux des nouveaux entrants, ne comprenant pas qu’eux mêmes sont d’ores et déjà embarqués dans le flux qui mène à leur mort inéluctable.

Ce faisant, on se trouve devant le paradoxe insupportable qui consiste en la valorisation et la vente de produits privateurs, comme un smartphone sous Androïd (mais les exemples sont en quantité non dénombrable !), qui ne rémunère pas, mais surtout n’a pas rémunéré l’effort des producteurs des valeurs libres qui lui permettent de fonctionner.

Nous devons donc nous poser comme question, non pas celle de rémunérer demain des producteurs identifiés de valeurs arbitrairement décidées depuis un centre de décision banco-étatique, mais celle qui consiste à apporter une réponse à la réalité : « il y a des valeurs libres qui par leur nature ont toujours bénéficié aux productions privatrices, mais qui voient l’effort de leurs producteurs non rémunéré ».

J’aime citer des exemples historiques, comme l’effort qui a conduit à l’invention de l’hélicoptère par Léonard de Vinci, dont la production n’a démarré que 500 ans plus tard. Où donc a été sa rémunération et celle de tous les hommes ayant produit ainsi des valeurs qui ont profité à des appropriateurs ultérieurs, unilatéraux et illégitimes ?

Par Léonard de Vinci. La vis aérienne (en haut), 1486, considérée comme la base de l’hélicoptère, et expérience sur la force de levage d’une aile (en bas) (Wikipedia)

Un autre exemple des plus parlants sans aucun doute est celui d’Edmond Albius, esclave, inventeur du procédé de pollinisation de la vanille, qui fit la fortune… des planteurs. Eclatante vérité qui démontre comment les absolutistes, par des artifices contradictoires, au sein d’un système de pensée incohérent, prétendent faussement se déclarer « libéraux » reconnaissant que l’homme ne produit pas la matière mais la seule valeur ajoutée qu’il y met et s’approprient ensuite cette valeur produite par autrui, d’essence purement individuelle, par des procédés esclavagistes soutenus par la diffusion de faux en logique.

Portrait d’Edmond Albius devant des lianes de vanille paru en 1863 dans l’Album de l’île de la Réunion d’Antoine Roussin (wikipedia)

Les salariés, ces esclaves modernes, à qui l’on a soutiré les inventions pour en faire une appropriation privatrice, devraient analyser et comprendre le message profond du Dividende Universel de ce point de vue.

D’ailleurs quel est donc l’objectif des lois liberticides telles que Acta ou Hadopi, si ce n’est tenter d’interdire ce flot incommensurable de valeurs libres qui rend les valeurs anciennes aussi dérisoires que peut l’être l’invention de la roue devant la découverte par Einstein de la Relativité, de E=MC² ?

Autrement dit nous sommes devant l’appropriation unilatérale de la valeur ajoutée des valeurs libres par les tenants intellectuellement limités des seules valeurs privatrices, sous le prétexte fallacieux et faux que « libre » signifierait « gratuit ». Mais il n’y a pas d’effort humain qui peut se déclarer « gratuit » par celui qui prétend en bénéficier unilatéralement, de son propre côté, alors même que « libre » n’a jamais signifié « gratuit ».

Tout citoyen qui prétend que « libre » signifie « gratuit », se place en fait dans la position de ne pas accepter de reconnaître l’effort d’autrui, alors même que, poussant son incohérence à son paroxysme, le tenant de cette pensée contradictoire tiendra ce discours non pas en s’appuyant sur un internet développé sur la base des logiciels privateurs, mais en s’appuyant sur un internet développé sur la base des logiciels libres !

Mais si par ailleurs il est impossible de savoir exactement et dans quelle proportion, tel ou tel apport libre de tel ou tel individu, a telle ou telle valeur, sans être contradictoire vis à vis de la liberté d’estimation de ce qui est valeur ou pas, les exemples qui démontrent l’existence de valeurs incommensurables, dont l’effort n’a pas été rémunéré, suffisent à invalider un système économique qui ne valorise pas l’effort humain dans sa part non mesurable dans le présent et suffisent aussi à démontrer qu’une monnaie qui n’est pas basée sur un dividende universel ne consiste qu’en une pure négation des droits de l’homme et n’est que la manifestation inacceptable d’une volonté de quelques uns de s’approprier unilatéralement la valeur ajoutée par autrui.

Il n’est dès lors pas étonnant que les systèmes monétaires privateurs aboutissent à des sociétés où 1% possèdent plus que 99%, en auto-entretenant leur position par des raisonnements contradictoires.

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Commentaire

Debian, 14 Milliards d’euros, valeur libre — 7 commentaires

  1. Le logiciel libre s’insère de façon aberrante dans un contexte où il n’a pas sa place. L’aberration totale n’est-elle pas dans le système monétaire actuel, où ceux qui possèdent le cash sont ceux qui ne créent pas de vraies richesses ? Ceux-là se contentent de thésauriser le fruit de l’effort des autres. Et de le multiplier selon leurs propres règles, ce qui rend la chose ridicule et dangereuse.

    Une solution (pas forcément la seule) serait peut-être de remplacer la monnaie par de simples « jetons de présence » distribués à tour de rôle par un membre de la communauté humaine, et seulement destinés à attester que chacun a fait sa part des tâches nécessaires ou non, pour décourager les paresseux de ne rien faire. Cela implique bien entendu la disparition totale de la propriété individuelle. Ce jeton donnerait droit à toutes les choses essentielles, telles que le manger, le vêtir, le loger. Les enfants seraient astreints à recevoir l’éducation, et les plus âgés, à leur rythme, à dispenser celle-ci, aidés par des adultes plus jeunes bien sûr.

    Dans ce système, la composition d’une chanson, par exemple, aurait autant de droits de présence que le labourage d’un champ, en fonction du nombre de jours passés. Plus de contraintes de rendement. Ne voit-on pas une certaine analogie avec certaines sociétés primitives ? Mais il est possible d’avoir une société bien plus complexe, compte tenu des découvertes.

    En revanche, par rapport avec notre société actuelle, hyper-spécialisée, morcelée, en miettes, mondialisée à l’excès, et de beaucoup, ce serait un retour à quelque chose de bien plus humain, noble, moins sophistiqué, moins égoïste. Dans une telle société, le logiciel libre aurait toute sa vraie place. Le téléphone individuel, beaucoup moins. Quant aux parasites, ceux qui se déguisent en banquiers, en publicitaires, en pseudo-« représentants du peuple », en « patrons », ils devraient s’adapter, ou mourir.

    Utopique ? Qui dit qu’un jour il ne faudra pas en venir là ?

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