Contribution immobilière

Si on considère (ce qui semble bien être le cas « presque partout ») qu’une Nation est constituée non seulement par l’ensemble de ses citoyens, mais aussi par son espace de souveraineté, c’est alors ce même espace qui est la première et évidente source de partage entre eux.

Si on s’en tient à l’estimation qui est que le patrimoine immobilier des 64 millions de Français constitue 2/3 de leur patrimoine total, lequel est estimé selon une unité de mesure absconse, à 10 400 milliards € (soit 162 500 € / citoyen, le « € » étant une valeur économique privée, puisque produite par des entreprises privées formant un cartel), et que le budget de l’Etat est évalué aux alentours de 400 milliards € / an (soit 6 250 € / an / citoyen), alors :

6 250 € / an / (2/3*162 500 €) = 5,7 % / an

Immobilier (wikimedia)

Immobilier (wikimedia)

Ce qui signifie que le détenteur d’un capital immobilier évalué à 100 000 € paierait en tout et pour tout 5 700 € / an en lieu et place de tout autre impôt, ce qui serait nécessaire et suffisant pour assurer l’entièreté du budget de l’Etat, et plus il posséderait de biens immobiliers, plus il contribuerait au budget de l’Etat, qu’il soit Français ou pas par ailleurs, puisqu’il s’agit bien d’une valeur économique qu’on ne peut cacher à la vue, qu’on ne peut pas exporter, qu’on ne peut pas aller cacher dans quelque endroit que ce soit puisque toute parcelle étant dûment enregistrée dans les bases de données des notaires et des cadastres est parfaitement identifiée et repérable partout en France.

Une contribution généralisée simple, évidente, limitant mécaniquement la propriété privée excessive sur l’espace souverain, tout autant que la propriété publique excessive (l’Etat devrait alors subvenir lui-même à toutes ses missions sans aucune contribution des citoyens), établissant de facto un milieu entre ces deux propriétés, dépendant de la valeur de ce taux universel ainsi défini. Limitant l’administration fiscale au strict nécessaire, libérant ainsi quantité de citoyens d’une activité idiote, improductive, sans but, inefficace et nuisible.

Ceci étant écrit pour susciter la réflexion.

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Commentaire

Contribution immobilière — 8 commentaires

  1. Il y a des phénomènes mécaniques de taxation des objets non monétaires avec une économie fonctionnant en monnaie libre. Car :

    Une entreprise (une maison) vaut cher si et seulement si elle rapporte en monnaie (est proche d’une ville avec boulots bien payés).

    La monnaie gagnée sur une année devient de l’épargne.

    Or, la monnaie libre est équivalente à une taxation de l’épargne (théorème d’équivalence).

    Donc plus on taxe l’épargne plus on taxe les objets non monétaires.

    Les boursicoteurs utilisent souvent le « PER » pour faire leurs choix d’investissements :
    Si un secteur d’activités a un PER de 10 : Une société vaudra 1000 car elle rapporte 100 tous les ans en rente pour les actionnaires.

    Si elle ne rapporte plus que 90, alors il est logique de dire qu’elle ne vale plus que 900.

    Un individu qui est taxé sur son épargne monétaire me paraît donc a priori taxé de la même façon sur son patrimoine productif non monétaire.

    Je propose donc d’abandonner l’idée de taxation du patrimoine non monétaire, car :
    La patrimoine productif est taxé de façon invisible.
    Le patrimoine non productif n’est pas évaluable de façon juste.

  2. « Un individu qui est taxé sur son épargne monétaire me paraît donc a priori taxé de la même façon sur son patrimoine productif non monétaire. »

    Ah non c’est faux. Pour raisonner correctement il faut et il suffit de prendre deux cas comparables :

    I1 possède V = M (100% monnaie)
    I2 possède V = P (100% non-monétaire) acheté pour un montant M

    I2 ne serait absolument pas touché par une « taxe monétaire », en aucune façon, alors qu’initialement et donc après coup, il possède exactement la même chose que I1 (qu’il a juste transformé).

    Il y a donc une erreur de conceptualisation sur le fond.

    • Il faudrait étudier la situation suivante :

      I2 a acheté à I1 une société qui rapporte 100 par unité de temps, pour un prix de 1000.

      T0 : achat de P (société) à I1 pour 1000
      T1 : I2 possède P ainsi qu’un bénéfice de 100
      T2 : I2 revendrait P à I1 à quel prix ?

      Entre temps il y aura eu les distributions de DU.

      Mais si P ne rapporte rien, comme un tableau d’un peintre, alors oui il n’y aurait pas de taxation. Ma phrase se réfèrait aux investissements productifs.

      • Aucun intérêt. Je ne sais absolument pas ce qu’est un « investissement productif », pas plus que ce qu’est un « investissement non-productif ». Ces distinctions n’ont absolument aucun fondement, n’auraient aucune utilité ni sociale, ni relativiste.

        Seul l’homme produit de la valeur, estime ce qui est valeur ou pas, est légitime pour réaliser des choix.

        Je ne reconnais donc que deux types de valeurs économiques, la monnaie, et les valeurs relatives quelconques.

        Ainsi de « t » à « t+1 » et pour des raisons qui les regardent P(t+1) peut tout à fait valoir selon I1, I2 ou Ix, 110% P(t), 90% P (t), 0, -100 ou tout autre chose, et toute qualification « productif » ou « non-productif » ne saurait être cohérent avec la TRM.

        Ceci, tout homme ayant réalisé le module Galilée le sait parfaitement bien, et il en sait bien plus encore.

        • Il y a pour moi une différence de nature entre ces 2 objets :
          1) un contrat de travail que j’ai signé
          2) un nid de guêpes dans mon jardin

          Je fais l’approximation qu’il y a un certain ordre des choses dans l’humanité qui va donner à 1) une valeur supérieure à 2), quel que soit l’humain interrogé. Je sais que ce n’est pas justifié mathématiquement.

          Il faudrait alors définir ce qu’est « la propriété excessive ». C’est un objectif de justice sociale, qui n’est pas encore définie, de façon « simple et évidente ».

  3. « Je fais l’approximation qu’il y a un certain ordre des choses dans l’humanité qui va donner à 1) une valeur supérieure à 2), quel que soit l’humain interrogé. Je sais que ce n’est pas justifié mathématiquement. »

    Eh bien tu dois définir comment tu peux obtenir une mesure de ton « ordre ». Pour la TRM ton point de vue n’a aucune sorte d’importance, il est inclu, il existe, mais n’influe en rien son fondement, il l’instancie seulement.

    « Il faudrait alors définir ce qu’est « la propriété excessive ». C’est un objectif de justice sociale, qui n’est pas encore définie, de façon « simple et évidente ». »

    C’est là encore une nécessité (« il faudrait ») relative, qui ne concerne en rien la TRM.

    La seule chose qui concerne la TRM c’est l’incréé, ce que l’homme n’a pas produit lui-même à cause de la liberté 1 (sur les ressources). Autrement dit il faut chercher du côté de la clause Lockéenne.

    Ce n’est pas la propriété de ce que l’homme a ajouté qui est intéressant alors, c’est au contraire la propriété de ce que l’homme n’a justement pas créé, à aucun moment. Que devient la légitimité de cette propriété là une fois le constat établi ?

  4. Si je comprends bien, l’adoption d’une monnaie libre pour un individu implique qu’il adhère aux 4 libertés qui y sont inerentes, par exemple il aura l’assurance de ne pas pouvoir être spolié d’une ressource qu’il estime être une valeur économique pour lui. Mais si ces valeurs ne lui sont plus accessibles , quels autres moyens que les guerres et la révolution pour faire table rase et repartir sur de bonnes bases ?

  5. au sujet « des proprios titulaires d’un bien de 100 000 :
    ils auraient un résultat de 5 700 € / an en lieu et place de tout autre impôt » :
    cette présentation me semble partielle sans évoquer la TVA payés par ses consommateurs.

    et à propos de tout consommateurs :
    une monnaie libre pourrait mettre en lumière et rémunérer toutes productions libres, voulues et souveraines (1) de manière inventer une nouvelle valeur d’échange et cultiver un autre univers que celui de la consommation qui consomme et brule.
    c’est une très belle découverte 🙂

    (1)du simple coup de main à la coopération en passant par la contribution.

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