Le bitcoin à plus de 10 000 UNL : une « valeur intrinsèque » ?

Cette semaine les bruits ambiants ont dirigé leur attention sur le phénomène bitcoin avec le passage de la barre du taux de change 10 000 € / 1 bitcoin entre la zone euro et la zone bitcoin (deux monnaies non-libres), et c’est une bonne occasion de souligner les points de discours sur le sujet qui sont réfutés par la TRM.

Tout d’abord citons Jean Tirole prix de la Banque de Suède (note pour les journalistes bénéficiaires de la monnaie dette : il n’existe pas de prix Nobel d’économie) :

Jean Tirole, 30/11/2017 dans La Tribune : « …un actif sans valeur intrinsèque… » (mpfff)

S’il existait une « valeur intrinsèque », c’est à dire une valeur en soi, alors celle-ci ne devrait pas dépendre de l’observateur et devrait être reconnue par tous. Or c’est un fait expérimentalement vérifiable que par exemple, pour être précis, pour ces hommes là, un compte bancaire avec noté 100 € dessus, est bien moins qu’une valeur, c’est simplement un non-existant, voire une valeur négative, voire autre chose :

Autre observateur, autre champ de valeurs

Autre observateur, autre champ de valeurs

Ainsi selon la TRM les valeurs économiques sont relatives, pas absolues, elles dépendent du référentiel, autrement dit de chaque homme où il se trouve, au moment où il se trouve, une valeur n’est reconnue uniquement que comme un événement spatio-temporel, et n’a donc aucune base « intrinsèque », la « valeur intrinsèque » n’existe pas, on peut toujours trouver un référent où une valeur donnée apparaîtra comme non-valeur.

Ensuite il nous dit : « comment les banques centrales mèneraient-elles des politiques contra-cycliques dans un monde de crypto-monnaies privées ? »

Mais personne à part les bénéficiaires de la création monétaire centralisée ne souhaite subir des « politiques contra-cyclique » ou quelque autre événement non-contractuel décidé unilatéralement par un abus de position dominante constitué par un monopole de franchises privées.

Car les Unités Non Libres (UNL comme le sont $, €, £ etc.), sont bien des unités économiques privées, utilisées contre tout bon sens pour unité de mesure publique, dont le processus de production est asymétrique, opaque, réalisé par des entreprises privées opérant sous franchise de marque.

Une monnaie ne saurait être publique si l’ensemble des citoyens qui l’adoptent ne la produisent pas de concert, publiquement. Or la monnaie étant par essence la valeur économique choisie pour servir d’unité de mesure de référence de toutes les autres, ne peut avoir de fondements bien établis quand son mode de production n’est pas invariant par changement de référentiel (voir Théorie Relative de la Monnaie).

Il nous dit aussi : « son prix tombera à zéro si la confiance disparaît »

Que nous l’a-t-il déclaré avec force et fracas concernant la banque des fères Lehman ? C’est quoi une valeur économique dont la confiance serait assurée pour tous, tout le temps ?

Remarque qui n’apporte donc absolument rien, étant valable tout aussi bien pour l’€, le $, et généralement tout type de valeur économique. On peut même affirmer sans trop se tromper que depuis 2008 ce sont bien les UNL qui baissent faute de confiance dans leur mode d’existence même, où les uns en produisent quand les autres travaillent dur pour en obtenir des « miettes de ruissellement », laquelle baisse de confiance suscite la création de nouvelles formes concurrentielles de valeurs de référence facilement échangeables, et ayant donc le potentiel de devenir de meilleures unités de mesure.

Ensuite sur cet autre article de La Tribune du 29/11/2017 on peut lire la question : « …s’agit-il vraiment d’une nouvelle monnaie décentralisée et libre… »

Libre non, absolument pas. Pourquoi ? Parce que déjà environ 17 millions de bitcoin on été générés depuis 2009 (où je mentionnais son démarrage sur ce blog même en Août 2010, pointant déjà son défaut structurel pour faire monnaie libre), sur 21 millions possibles (propriété du code), soit 80%, ne laissant que 20% à produire pour les vivants de 2017, et finalement 0% à terme, établissant ainsi une asymétrie temporelle, sans compter l’asymétrie spatiale évidente de son mode de création (j’ai plus de puissance de calculs, je peux en produire plus, jusqu’au jour où l’on ne pourra pas en produire plus).

Comme j’ai déjà pu l’expliquer en long et en large, cela ne l’invalide pas du tout comme valeur économique, mais cela l’invalide comme monnaie libre, puisque le principe de liberté est un principe de symétrie, on ne saurait accepter une unité de mesure commune qui n’ait pas une propriété d’invariance, tout comme considérant un logiciel libre, son créateur initial donne par la licence, le même pouvoir de création de nouvelles lignes de codes sur son logiciel à tout nouvel utilisateur. Concernant la monnaie il s’agit de la création de la même part relative de monnaie pour tout homme qui la rejoint effectivement : ce que j’ai pu produire en % de monnaie, tu pourras le produire de la même façon, que tu naisses maintenant ou dans 40 ans.

Je passe sur les autres attaques multiples que les propriétaires privés des UNL lancent à tour de bras contre la croissance économique de leurs concurrents. Concluons donc, nous sommes devant :

– Un dénigrement commercial d’une valeur économique concurrente par un cartel privé
– Le dénigrement du travail d’autrui sur la qualité de sa production
– Le dévoilement massif d’un abus de position dominante
– Un parasitage commercial
– Des conflits d’intérêts (ces détracteurs étant bien entendus payés par la monnaie qu’ils ne critiquent pas).

Il n’est donc pas exclu que ces déclarations puissent faire l’objet d’attaques judiciaires, puisque les pratiques d’abus de position dominante, de dénigrement et de parasitage commercial de la concurrence sont punis par la Loi.

Après bien sûr l’abus de position dominante est tel, que même les tribunaux, juges et avocats sont dans leur écrasante majorité en possible conflit d’intérêt puisque payés dans la monnaie dominante privée en abus.

Mais sur le fond c’est bien le sujet, une vraie bonne question de droit économique et de véritable croissance économique, le plus pertinent devant à terme remplacer l’obsolète qui a fait son temps.

Ca va prendre un peu de temps…

D’ici là, j’accepte la Ğ1 bien entendu. Merci.

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Commentaire

Le bitcoin à plus de 10 000 UNL : une « valeur intrinsèque » ? — 2 commentaires

  1. Malheureusement pour se lancer avec la G1 il faut rencontrer quelqu’un qui est dans le réseau et renouveler l’opération régulièrement . C’est un point bloquant pour moi et ça n’empêchera pas les arnaqueurs…
    Peut être que ça a changé depuis?

    • Non c’est faux, pour utiliser Ğ1 il suffit de se créer un portefeuille, tout comme ceux qui utilisent les monnaies non-libres ne sont pas forcément producteurs de ces monnaies pour les utiliser. Il est parfaitement erroné donc de croire qu’il faille rencontrer quiconque pour utiliser Ğ1.

      Il y a déjà quantité d’utilisateurs de Ğ1 qui n’ont rencontré aucun membre de la TdC Ğ1. On va simplement sur Ğchange et on peut tout de suite proposer tout type de bien / service en Ğ1.

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